Comment parler de toi ? Comment dire, sans dire, ce que tu es ?Décrire ton être. Ecrire ton existencer. Passer par les mots. Tourner autour de ton âme comme on découvre le ciel, comme on explore une galaxie inconnue. Faire ton portrait, toi que je sais, toi que j'aime tant. Exercice impossible puisque c'est le silence qui tisse la trame de tout ce qui nous lie.
S'il y avait un titre à ce commencement ce serait " l'un pour l'autre ". De ton amour, de ta confiance, je me sens le gardien, et je veille sur ce privilège.
Je te regarde à travers le miroir magique où chacun aime à se reconnaître, et je traverse ce prisme pour rejoindre ton reflet. Je m'approche, pose mes mains sur la vitre, le verre tremble comme une eau limpide.
J'effleure la surface du bout des digts, tu apparais dans la transparence. De hors le soleil irradie le paysage, mais les persiennes restent closes. Tous les mots sont jetés, épars, à travers la pièce. Tu me souris, les ramasses un à un et les jettes dans un grand sac. Tu me fais signe de te suivre. Tu avances, projetant sur le sol ton ombre qui guide mes pas, la lumière filtre derrière les volets et reste invisible à nos yeux.
Laisse moi te suivre dans l'ombre de ton âme, et puisqu'il faut choisir, laisse moi devenir l'autre, à la poursuite d'un je qui se demande à quoi il sert.
Te raconter au creux des phrases. Montrer. Apparaître. SD'effacer. Faire silence. Mourir puis renaître. Trouver la force. Les images de toi se forment comme des clignotements d'éclats électriques. Toi, si proche, personne ne peut imaginer à quel point tu es simple dans la vraie vie, celle que nous partageons, loin des fantasmes et des folies.
Humain, si près de ceux que tu aimes, si attentif à tout, à tous. Tu poses des questions, écoute les réponses avec précision, soucieux du bien-être de tes amis, soudé à ta famille, faisant corps avec celui que tu aimes. Si loin de tout ce qui peut se dire ça et là, dans ces tombeaux de papier.
Je dessine ton visage à l'encre de mon stylo. J'en connais chaque détail, chacun des contours.
Tu apprivoises la mort par la magie des mots, repoussant l'idée du néant. Tu penses si souvent, je le sais, à ceux que tu as perdus même si tu n'en parles pas. Qui peut savoir si, à force de le dire, de le chanter, quelque part, peut être, quelqu'un t'entendra.
La vie avance, lâge semble t'ignorer. Ton portrait serait -il cacher quelque part, scellé dans un réduit dont toi seul posséderais la clef ? Aurais tu passer un pacte avec l'ange ? et lorsque tu lui parles, est-ce qu'il te répond ?
C'est lui sans doute, qui a fait se croiser nos routes ...